EXPOSITION PERMANENTE

1870-1970: 100 ANS D’HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE AU MAROC

Si la photographie émerge au Maghreb aux alentours de 1850, le Maroc, lui, reste longtemps hermétique à cette technique de l’image, contrairement à ses pays voisins tels que l’Algérie, la Tunisie ou encore l’Égypte.

Les tout premiers photographes étrangers les plus remarquables sont: Alary (et sa Vue de Tanger en 1859), Gustave de Beaucorps (et ses portraits pour beaucoup issus de la communauté juive) et Louis Vignes (traitant aussi bien portraits que paysages).

Par la suite, ceux que l’on nomme “les chasseurs d’images” s’aventurent prudemment vers 1880 au travers de missions militaires et politiques officielles et ce, principalement à Tanger, car le reste du pays est encore réputé « peu sûr ».

Cependant le côté inexploré, et donc rare, de la vie quotidienne du pays; provoque chez les photographes une forte envie de mouvements, et quelque instinct de liberté.

Ils souhaitent naturellement sortir du protocole imposé par toutes ces missions, explorant et jouissant de tous nouveaux types de clichés, où « l’exotisme », l’insolite et le singulier trouvent toujours et subtilement à s’immiscer.

À la différence du soucis esthétique et de sublimation qu’on retrouve chez les peintres, les photographes, eux, semblent s’attacher davantage à révéler une toute autre réalité de la vie et de l’Histoire tissant inlassablement le lien avec tout un univers de traditions, un travail incessant de la terre et des savoir-faire ancestraux.

Nous sommes heureux de pouvoir partager l’histoire de cette « rencontre » et son émulation, en exposant d’une part une étendue conséquente de tirages marquant toute une époque, et en dévoilant d’autre part, de nombreux objets issus de l’Histoire même du Maroc, telles que des pièces liées à l’artisanat, des broderies, des ornementations, du mobilier, des bijoux, des céramiques, ou encore d’emblématiques armureries d’époque.

Cette scénographie complémentaire entre l’image et l’objet, au-delà de susciter une meilleure compréhension générale, permet au spectateur de mettre lui-même en couleur toute une Histoire « en noir et blanc » qui ne demande qu’à se vivre et se re-vivre en parcourant des siècles de traditions et d’acculturations des plus singulières…

L’œil moderne de l’Occident, peut aujourd’hui visualiser une Histoire dans son ensemble et se laisser de nouveau captiver par les mille et unes scènes d’un hier aux reflets si présents.

 

1870-1970: 100 YEARS OF MOROCCAN PHOTOGRAPHIC HISTORY

Photography emerged in the Maghreb around 1850, but for a long time Morocco, unlike its neighboring countries such as Algeria, Tunisia and Egypt, steered away from this image-based technique.

The very first and most remarkable foreign photographers are: Alary (and his ‘Vue de Tanger’ in 1859), Gustave de Beaucorps (and his portraits, many of them from the Jewish community) and Louis Vignes (dealing with both portraits and landscapes).

Afterwards, those who are referred to as « image hunters » ventured cautiously around 1880 through official missions, primarily in Tangier, because the rest of the country was still considered « unsafe ».

However, the unexplored, and therefore rare, aspects of the country’s daily life aroused in photographers a strong desire for action and a certain impulse for freedom.

They naturally wished to break free from the protocol dictated by military or political factions and thus be able to explore and enjoy all new types of ‘snapshots’, in which « exoticism », the unusual and the peculiar insidiously and subtlety always find their way into the setting.

In contrast to the aesthetic and sublimating concerns found among painters, photographers seem to be more involved in revealing a completely different reality of life and of History.  They tirelessly weave the link between a whole universe of traditions, a relentless cultivation of the land and ancestral know-how.

We are happy to be able to share the history of this « encounter » and its emulation. The aim of its exhibits is twofold.  Firstly, to expose a significant variety of shots that depict the keynotes of a whole era and secondly, to reveal the soul of Moroccan History by showing pieces related to various crafts: embroideries, ornamentations, furniture, jewelry, ceramics, or even emblematic antique armories.

This complementary scenography between an image and an object, over and beyond creating a better general perception, allows the viewer to add his own colors to an entire « black and white » History that only needs to be lived and re-experienced by browsing centuries of the most singular traditions and acculturations….

The modern eye of the Western world can now visualize a History as a whole and let itself be captivated once again by the thousand and one scenes of a yesterday with so many still existing mirror images.